Les marchés du pétrole brut reculent alors que Trump confirme la poursuite des négociations avec l’Iran

Les marchés du pétrole brut ont connu de la volatilité mardi alors que les messages contradictoires des responsables américains et iraniens ont laissé les investisseurs dans l'incertitude quant aux perspectives d'une résolution diplomatique. Le brut Brent, la référence mondiale des prix, a baissé d'environ 2% pour atteindre 93,06 dollars le baril au cours de la séance de bourse de mardi. De même, le West Texas Intermediate a reculé d'environ 1,9 % pour s'établir à 90,32 $ le baril. La baisse de mardi fait suite à un rallye significatif lors de la séance précédente. Les indices de référence ont bondi de 4,2 % lundi après que Tasnim, le média semi-officiel iranien, a affirmé que Téhéran avait interrompu les négociations de paix avec Washington en réponse aux opérations militaires israéliennes ciblant le Liban. Trump a par la suite contesté cette qualification. Via sa plateforme Truth Social, le président a déclaré que le Hezbollah s’était engagé à cesser ses attaques contre Israël, et qu’Israël rendait cet engagement en retour. Il a souligné que les discussions diplomatiques avec l'Iran se poursuivaient sans interruption. Lors d’une conversation avec ABC News, Trump a indiqué qu’un protocole d’accord avec l’Iran concernant la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait se concrétiser d’ici sept jours. Il a reconnu que Washington devait encore résoudre « quelques points supplémentaires » avant de finaliser un accord. Le détroit d’Ormuz représente un passage maritime étroit situé entre l’Iran et Oman à l’entrée du golfe Persique. Dans des conditions typiques, environ un cinquième des expéditions quotidiennes mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitent par ce point d’étranglement. Le président Trump sur la poursuite des négociations avec l'Iran : https://t.co/7Lq0aXjs97 pic.twitter.com/jvBfO5p0V0 — La Maison Blanche (@WhiteHouse) 1er juin 2026 Suite à l'escalade des tensions régionales, le trafic de navires commerciaux à travers le détroit a été confronté à des limitations substantielles. Ce goulet d’étranglement a maintenu les prix mondiaux du pétrole nettement au-dessus des niveaux de négociation d’avant le conflit. Tasnim a également rapporté que Téhéran et les acteurs régionaux alliés avaient délibéré sur une éventuelle fermeture du détroit d’Ormuz et du détroit de Bab el-Mandeb, un passage critique situé à l’extrémité sud de la mer Rouge. Une telle action aurait un impact sur un corridor supplémentaire crucial pour les exportations de pétrole. Les analystes de HSBC ont qualifié l’environnement actuel des matières premières de « super-restriction », avertissant que les conditions pourraient se détériorer davantage si Ormuz restait effectivement fermée. Giovanni Staunovo, analyste des matières premières chez UBS, a noté mardi que les communications de Trump sur les réseaux sociaux suggérant une désescalade exerçaient une pression à la baisse sur les indices de référence du brut. Néanmoins, il a souligné que les expéditions de pétrole via Ormuz « restent limitées ». Les observateurs du marché s’attendent à une baisse des prix suite à toute percée diplomatique, mais sans atteindre les niveaux de référence d’avant le conflit. Dave Sekera, stratège en chef du marché américain chez Morningstar, a prévu que les prix diminueraient « assez sensiblement » après l’émergence d’une résolution. Il a toutefois averti que les conséquences inflationnistes d’une hausse prolongée des prix du pétrole pourraient persister « pendant au moins des mois, voire plusieurs trimestres ». La dynamique du cessez-le-feu impliquant Israël et le Hezbollah a introduit une complexité supplémentaire. Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont fourni des récits contradictoires concernant une discussion téléphonique sur le Liban. La présidence libanaise a indiqué que de nouvelles négociations étaient prévues mardi et mercredi, visant à étendre tout accord de cessez-le-feu sur tout le territoire libanais. Mardi matin, les références brutes restaient considérablement élevées par rapport aux niveaux d'avant le conflit, le détroit d'Ormuz continuant de fonctionner dans des conditions sévères de trafic commercial.