Le pétrole brut se redresse après que l’action militaire américaine complique les négociations avec l’Iran

Les marchés du pétrole brut ont connu un rebond mardi à la suite des opérations militaires américaines contre les infrastructures iraniennes, créant une incertitude quant aux progrès potentiels vers la réouverture du détroit d'Ormuz. Le brut de référence Brent a dépassé le seuil de 98 dollars le baril, marquant une reprise après la forte baisse de lundi, dépassant 7 %. Pendant ce temps, West Texas Intermediate oscillait autour de la barre des 92 $. Le commandement central américain a confirmé des opérations visant les infrastructures de missiles et les navires déployant des mines navales le long de la côte sud de l’Iran. Les responsables militaires ont qualifié ces opérations de mesures défensives tout en affirmant que les accords de cessez-le-feu restent actifs. Téhéran a averti que des actions militaires contre ses actifs déclencheraient des réponses. Toutefois, aucune opération de représailles de la part de l’Iran n’a été documentée jusqu’à mardi. Les discussions diplomatiques entre Washington et Téhéran se poursuivent sans parvenir à des termes définitifs. Lors d'un point de presse en Inde mardi, le secrétaire d'État Marco Rubio a prévu que la finalisation des arrangements nécessiterait des jours supplémentaires, le temps que les représentants peaufinent la documentation préliminaire. Le cadre à l’étude maintiendrait le cessez-le-feu pendant environ huit semaines. Washington lèverait son blocus naval tandis que l’Iran autoriserait le passage par le détroit d’Ormuz. Plusieurs questions controversées persistent. Téhéran insiste sur le maintien de son autorité sur le trafic maritime empruntant le détroit. Washington, aux côtés de ses partenaires européens et arabes, s’oppose à l’octroi d’un tel contrôle à l’Iran. Concernant les matières nucléaires, le président Trump a exprimé sa préférence pour la destruction nationale de l’uranium enrichi iranien ou pour son transfert sous la garde américaine. Les responsables iraniens ont majoritairement rejeté la restitution de leurs stocks d’uranium, tout en indiquant leur volonté de poursuivre un engagement diplomatique sur le sujet. Israël a introduit des complications supplémentaires lundi en annonçant une intensification des opérations contre les forces du Hezbollah soutenues par l'Iran au Liban. Téhéran a exigé la cessation de ces actions militaires comme condition à tout accord global. Saul Kavonic, analyste principal de l’énergie chez MST Marquee, a averti qu’il restait « prématuré de considérer qu’un accord de paix serait conclu et encore moins respecté », notant que les deux parties ont déjà revendiqué des percées diplomatiques qui ne se sont pas concrétisées. En fonctionnement normal, le détroit d’Ormuz a facilité environ un cinquième du transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. La voie navigable reste effectivement fermée, avec des blocus imposés par les forces américaines et iraniennes. Les données de l’Agence internationale de l’énergie révèlent que les stocks mondiaux de pétrole diminuent à des rythmes historiques. Les réserves commerciales et stratégiques américaines combinées connaissent des prélèvements à des niveaux jamais enregistrés auparavant. L’escalade des dépenses énergétiques a contribué aux pressions inflationnistes, mettant à l’épreuve les institutions des banques centrales. La directrice de la Banque centrale européenne, Isabel Schnabel, a déclaré que la BCE devait mettre en œuvre des augmentations de taux d'intérêt le mois prochain, indépendamment d'une résolution rapide du conflit. Les prix du brut ont enregistré des hausses en mars et avril, mais s'orientent vers des pertes pour mai.