L’UE donne son feu vert à des mesures punitives ciblant les résidents des territoires contestés dans un contexte d’agitation régionale croissante

L'Union européenne a sanctionné le 11 mai 2026 trois colons israéliens et quatre organisations pour leur implication dans de violentes attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée. Cette décision, qui comprend des interdictions de voyager et des gels d’avoirs dans toute l’Europe, marque la troisième série de mesures de ce type dans le bloc en environ deux ans.
La Hongrie, qui avait auparavant bloqué des efforts similaires sous l’ancien Premier ministre Viktor Orban, a levé son veto sous la direction de Peter Magyar. Ce seul changement dans le calcul politique de Budapest a débloqué une décision qui était bloquée depuis des mois.
Ce que font réellement les sanctions
La chef de la politique étrangère de l'UE, Kaja Kallas, a annoncé ces mesures, qui ciblent les individus et les entités que le bloc considère comme responsables de graves violations des droits de l'homme en Cisjordanie. Les interdictions de voyager signifient que les colons sanctionnés ne peuvent pas entrer dans les États membres de l'UE. Le gel des avoirs signifie que tous les avoirs financiers qu’ils possèdent dans les juridictions européennes sont verrouillés.
En avril 2024, le bloc a sanctionné quatre individus et deux entités, dont l’organisation d’extrême droite Lehava et le mouvement d’implantation connu sous le nom de Hilltop Youth. Puis, en juillet 2024, l’UE s’en est prise à cinq autres individus et trois entités, cette fois-ci en se concentrant sur ceux accusés d’avoir bloqué l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza.
Le veto de la Hongrie et le facteur magyar
Les décisions de politique étrangère de l’UE nécessitent l’unanimité des 27 États membres, ce qui signifie que n’importe quel pays peut effectivement faire échouer une proposition. La Hongrie de Viktor Orban a joué ce rôle à plusieurs reprises. L’arrivée de Peter Magyar au poste de Premier ministre a complètement changé la donne et, la Hongrie ne bloquant plus le consensus, le paquet de sanctions a été approuvé.
Le contexte plus large
Plus de 230 mineurs palestiniens ont été tués en raison de la violence des militaires et des colons depuis octobre 2023, un chiffre qui a suscité la condamnation des organisations de défense des droits humains du monde entier.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a qualifié les sanctions de l’UE d’arbitraires. Jérusalem a toujours considéré ces mesures comme unilatérales, arguant qu’elles pénalisaient les Israéliens tout en ignorant la violence palestinienne. L’UE et Israël sont en désaccord sur la politique d’implantation depuis des décennies, Bruxelles affirmant systématiquement que les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales au regard du droit international, une position qu’Israël rejette.