Les prix mondiaux du pétrole chutent dans un contexte de détente entre Washington et Téhéran

Les indices de référence du pétrole brut ont chuté pour une deuxième séance consécutive jeudi, s'appuyant sur la vente massive de mercredi, alors que la dynamique diplomatique s'accélère entre Washington et Téhéran vers un accord qui pourrait rétablir l'accès à un corridor mondial de transit pétrolier critique. Le brut Brent a baissé de 2,16 dollars, soit environ 2,1%, pour s'établir à 99,11 dollars le baril. Le cours du West Texas Intermediate américain a diminué de 2 $ pour atteindre 93,08 $. Ce ralentissement fait suite à la forte baisse de plus de 7 % enregistrée mercredi pour les deux indices de référence, marquant leurs niveaux les plus bas en deux semaines. Le sentiment du marché a changé principalement en raison de plusieurs rapports émergents indiquant que les États-Unis et l'Iran sont proches d'un consensus sur un protocole d'accord concis qui mettrait officiellement fin aux hostilités actuelles. Axios a rapporté que les responsables de l’administration à Washington anticipaient la réponse officielle de Téhéran dans les prochaines 48 heures. CNN a indiqué que les dirigeants iraniens devraient fournir leur réponse à la proposition américaine d'ici jeudi. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a publiquement reconnu que Téhéran transmettrait sa réponse par l’intermédiaire de médiateurs établis. Le journal saoudien Al Arabiya a également rapporté que les négociateurs des deux pays étaient parvenus à un accord préliminaire pour réduire le blocus américain des installations portuaires iraniennes en échange d'une réouverture progressive du détroit d'Ormuz. Reuters n'a pas été en mesure de confirmer de manière indépendante ces détails spécifiques. RUPTURE : Le président Trump publie une déclaration au milieu d’informations selon lesquelles un accord visant à mettre fin à la guerre en Iran est imminent. "En supposant que l'Iran accepte de donner ce qui a été convenu… Epic Fury prendra fin." pic.twitter.com/5YnAkg1Y8a — La lettre de Kobeissi (@KobeissiLetter) 6 mai 2026 Le détroit d'Ormuz représente l'un des corridors de transport de pétrole les plus stratégiques de la planète. Environ 20 % du commerce pétrolier mondial transite par cette voie navigable étroite. Toute obstruction ou rétablissement de la navigation a un impact immédiat sur l’approvisionnement énergétique mondial et les prix du marché. Plus tôt dans la semaine, les forces militaires américaines ont temporairement suspendu leurs opérations visant à rétablir le passage des navires commerciaux dans le détroit à la suite de contre-mesures énergiques iraniennes. Les marchés de l’énergie ont fait preuve d’une extrême sensibilité à chaque évolution émergeant des négociations en cours. Priyanka Sachdeva, analyste de marché senior chez Phillip Nova, a noté que les marchés pétroliers sont restés « coincés entre la diplomatie et les perturbations depuis plus de deux mois ». Sachdeva a suggéré qu’un accord formalisé pourrait déclencher une baisse précipitée des prix du pétrole à mesure que les primes de risque géopolitique s’évaporent des calculs du marché. Les analystes d'ING ont déclaré que tout règlement rétablissant les schémas normaux de trafic à Ormuz réduirait considérablement les primes de risque d'offre intégrées dans les prix actuels, même si tout report ou revers pourrait rapidement inverser la baisse des prix. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a encouragé cette semaine les dirigeants chinois à tirer parti de leur influence auprès de Téhéran pour accélérer la réouverture du détroit. Il a indiqué que le président Trump et le président chinois Xi Jinping aborderaient cette question directement lors de leur réunion prévue la semaine prochaine. Hiroyuki Kikukawa de Nissan Securities Investment a observé que les négociations diplomatiques se poursuivraient probablement au minimum jusqu'à la conclusion du sommet américano-chinois, même si la trajectoire au-delà de cette période reste très incertaine. Les statistiques hebdomadaires sur les stocks de pétrole publiées par l'Energy Information Administration ont apporté un modeste soutien aux prix du brut. Les réserves nationales de brut ont diminué de 2,3 millions de barils au cours de la semaine se terminant le 1er mai, pour atteindre un total de 457,2 millions de barils. Les analystes du marché prévoyaient un retrait plus important de 3,4 millions de barils, ce qui signifie que la baisse plus faible que prévu a empêché tout rebond significatif des prix. Les stocks d'essence se sont contractés de 2,5 millions de barils. Les stocks de distillats, comprenant le carburant diesel et le fioul domestique, ont chuté de 1,3 million de barils. Les données de l’EIA ont également mis en évidence de solides volumes d’exportations de pétrole américain, signe d’un appétit international soutenu pour les produits énergétiques américains alors que les flux d’approvisionnement du Moyen-Orient restent compromis. Téhéran a annoncé mercredi qu'il procédait à un examen approfondi de la proposition américaine, qui, selon des sources diplomatiques, mettrait formellement fin aux affrontements militaires mais ne répondrait pas à plusieurs stipulations américaines clés, notamment les exigences selon lesquelles l'Iran cesserait ses activités d'enrichissement nucléaire.