Un tribunal de Los Angeles entendra l'affaire contre un vendeur à découvert notoire au milieu d'allégations de manipulation

Andrew Left, le vendeur à découvert derrière Citron Research, fait l'objet d'un procès pénal à Los Angeles pour avoir utilisé les médias sociaux pour manipuler les cours des actions et empocher plus de 16 millions de dollars de bénéfices illicites. La sélection du jury devrait débuter le 11 mai 2026.
Les accusations et le stratagème allégué
Les procureurs fédéraux affirment que Left a dirigé un stratagème de 2018 à 2023 dans lequel il a publié des recommandations boursières trompeuses sur les réseaux sociaux, puis a négocié contre ses propres positions déclarées publiquement pour générer des profits rapides. Le ministère de la Justice a inculpé Left le 25 juillet 2024 pour plusieurs chefs d’accusation de fraude en valeurs mobilières et de fausses déclarations. S’il est reconnu coupable de tous les chefs d’accusation, il risque jusqu’à 25 ans de prison.
Le prétendu manuel de jeu était simple mais efficace. La gauche publierait des versions audacieuses et accrocheuses d’actions populaires, notamment des noms comme Nvidia, Tesla et GameStop, des sociétés très suivies dans le commerce de détail et dont les prix sont volatils. Les procureurs affirment que Left a ensuite rapidement inversé ses positions commerciales pour capturer les fluctuations de prix qui en résultaient.
Les procureurs fédéraux affirment que Left a également informé les hedge funds avant de publier son commentaire sur les réseaux sociaux, leur donnant ainsi une longueur d'avance sur les transactions. Il aurait reçu une compensation pour ces alertes préalables au moyen de fausses factures, ajoutant ainsi une couche de dissimulation délibérée au stratagème.
La SEC a intenté une action civile parallèle, affirmant que les gains de Left résultant de la prétendue manipulation s’élevaient à 20 millions de dollars, un chiffre légèrement supérieur à l’estimation de 16 millions de dollars du DOJ.
La défense de la gauche et l’histoire de Citron
La gauche a soutenu que les accusations étaient sans fondement. Sa position est que ses commentaires publics représentaient une analyse de bonne foi, le genre d’études de marché avisées que les vendeurs à découvert publient depuis des décennies.
La première position courte de Citron sur Valeant Pharmaceuticals, qui deviendra plus tard Bausch Health, a été largement reconnue comme l’un des catalyseurs qui ont amené les pratiques de prix agressives de l’entreprise à la vue du public. Le court appel de Left en janvier 2021 sur GameStop est entré en collision frontale avec la frénésie du commerce de détail qui a envoyé le titre dans la stratosphère.
L’enquête du DOJ sur les pratiques de vente à découvert est en cours depuis 2019, bien avant la saga GameStop.
Ce que cela signifie pour les marchés et les investisseurs
La question juridique centrale est d’une simplicité trompeuse : quand une analyse agressive des actions publiques franchit-elle la limite de la manipulation du marché ?
Si, d’un autre côté, l’accusation parvient à prouver que Left a délibérément menti sur ses positions, présenté ses propres recommandations aux clients des hedge funds et fabriqué des factures pour cacher des paiements, l’affaire sera beaucoup plus restreinte.
Les investisseurs devraient surveiller de près la manière dont le tribunal gère la chronologie des transactions de Left par rapport à ses déclarations publiques. La capacité de l’accusation à prouver que la gauche a systématiquement inversé ses positions immédiatement après avoir publié des appels haussiers ou baissiers déterminera probablement l’issue. Les preuves systématiques, démontrant qu’il ne s’agit pas d’un événement ponctuel mais d’une stratégie répétée sur cinq ans, constitueront l’arme la plus puissante du gouvernement.