Après l’ère du veto, l’UE impose des restrictions aux personnalités clés du Hamas et aux colonies israéliennes dans les territoires occupés

L’Union européenne a approuvé à l’unanimité des sanctions contre les organisations israéliennes de colons de Cisjordanie et les personnalités affiliées au Hamas le 11 mai 2026, une décision qui aurait été impensable il y a quelques semaines à peine. L’impasse diplomatique qui persistait depuis des années a finalement été rompue, et la raison a moins à voir avec Bruxelles qu’avec Budapest.
Les élections hongroises d’avril 2026 ont balayé Viktor Orbán du pouvoir après 16 ans, installant Peter Magyar comme nouveau Premier ministre du pays. Orbán, un proche allié du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avait utilisé à plusieurs reprises le veto de la Hongrie pour bloquer les sanctions de l’UE visant Israël. Ce veto étant désormais disparu, le bloc a progressé rapidement.
Ce que font réellement les sanctions
Le paquet cible sept entités et individus. Parmi les noms les plus éminents : Amana, une organisation de colons qui a joué un rôle central dans l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée, et Daniella Weiss, une dirigeante bien connue des colons.
Les mesures comprennent le gel des avoirs, des interdictions de voyager et des restrictions sur les transactions financières. Les individus et les organisations sanctionnés ne peuvent plus transférer d’argent via les banques européennes, voyager dans les États membres de l’UE ou accéder à des actifs détenus dans la juridiction du bloc.
Il s’agit de sanctions ciblées et chirurgicales. L’UE s’est abstenue de prendre des mesures économiques plus larges telles que des suspensions commerciales ou des déclassements diplomatiques, en raison des divisions persistantes au sein de l’UE.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a condamné les actions des organisations sanctionnées comme étant intolérables et a appelé à la fin des violences dans la région. Le chef de la politique étrangère de l’UE a fait écho à ce sentiment, affirmant que l’extrémisme entraîne des conséquences.
Pourquoi la perspective hongroise change tout
Les décisions de politique étrangère de l’UE nécessitent l’unanimité, ce qui signifie qu’un seul pays peut bloquer l’ensemble du bloc, et pendant des années, c’est exactement ce qu’a fait la Hongrie.
La relation d’Orbán avec Netanyahu était l’une des alliances les plus durables de la politique européenne. Alors que la plupart des dirigeants européens devenaient de plus en plus critiques à l’égard de l’expansion des colonies israéliennes et des opérations militaires, Orbán a constamment protégé Israël de l’action collective européenne.
Les élections hongroises d’avril 2026 ont mis fin du jour au lendemain à cette dynamique. L’investiture de Magyar, qui a eu lieu peu avant le vote des sanctions, a levé le dernier obstacle structurel à l’action de l’UE sur le dossier israélo-palestinien.
Le contexte plus large
Les sanctions arrivent dans un contexte d’escalade de la violence. En 2026, la violence des colons a atteint des niveaux records, avec 11 Palestiniens tués.
Les sanctions visent des personnalités affiliées au Hamas aux côtés des organisations d’implantations. En sanctionnant les acteurs des deux côtés du conflit, l’UE se positionne comme impartiale, ce qui rend plus difficile pour les critiques de qualifier cette décision de partiale.
Les équipes européennes de conformité des bourses cryptographiques devront mettre à jour leurs protocoles de contrôle. Toutes les plateformes opérant sous la juridiction de l’UE sont légalement tenues d’appliquer ces restrictions, d’autant plus que le cadre des marchés de crypto-actifs (MiCA) de l’UE continue de renforcer les exigences de conformité.