Un différend sur la classification réglementaire éclate alors que Kalshi défend la légitimité de ses plateformes de prévision

Le rideau s'est fermé sur le Consensus Miami 2026 avec un débat houleux autour des marchés de prédiction, alors que les régulateurs et les leaders du secteur se sont affrontés pour savoir si ces plateformes constituaient des instruments financiers réglementés ou des opérations de paris sans licence. Au cœur du débat, qui a marqué le point culminant des trois jours d'exploration des questions réglementaires et législatives de la conférence, se trouve un désaccord fondamental entre la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) et une coalition de procureurs généraux des États.
Le président de la CFTC, Michael Selig, qui participait à Consensus pour la première fois, a placé la bataille juridictionnelle sur les marchés de prédiction comme une priorité clé au cours de son mandat. Selig a prévenu que la question risquait d'être portée devant la Cour suprême, compte tenu des poursuites en cours intentées par l'agence contre l'Arizona, le Connecticut, l'Illinois, New York et le Wisconsin. Ces États ont tenté de réglementer les bourses enregistrées par la CFTC dans le cadre de leurs lois respectives sur les jeux de hasard, ce qui a incité la CFTC à réagir.
Le nœud du différend réside dans les différences structurelles entre les marchés de prédiction et les plateformes de paris traditionnelles. Les partisans des marchés de prédiction, tels que Kalshi et Polymarket, affirment que leurs plateformes fonctionnent de la même manière que les marchés à terme, où aucune entité ne fixe les cotes ou n'assume tous les risques. En revanche, les critiques affirment que l’expérience utilisateur est pratiquement impossible à distinguer des paris sportifs, comme l’a reconnu le président de DraftKings, Paul Liberman. Il a noté que, du point de vue du consommateur, l'expérience de placer un pari sur un site de paris sportifs ou de s'engager dans une transaction est remarquablement similaire.
Le Wisconsin a adopté une position ferme en déposant des plaintes en avril contre plusieurs acteurs majeurs, dont Kalshi, Polymarket, Coinbase et Robinhood, alléguant que leurs contrats répondaient à la définition d'un pari de l'État. Cette décision fait partie d'un effort plus large mené par 41 procureurs généraux d'État, qui cherchent à obtenir des éclaircissements fédéraux sur des questions de compétence. Le sous-comité du sénateur Marsha Blackburn doit tenir une audience le 20 mai, ce qui permettra probablement de faire la lumière sur la question. Parallèlement, le président Selig a proposé un cadre pour les marchés de prédiction, proposant de les protéger de l'ingérence de l'État en échange du respect de réglementations plus strictes, notamment en matière de surveillance et de répression des délits d'initiés.