Un pays sud-américain impose l'interdiction de deux principales plateformes de paris dans le cadre d'une mesure réglementaire radicale

Dans le cadre d'une intensification significative de ses efforts réglementaires, le Brésil a pris des mesures pour restreindre l'accès à un total de 27 plateformes de marché de prédiction, y compris les acteurs de premier plan Kalshi et Polymarket, considérant leurs opérations comme des paris non autorisés. Vendredi après-midi, les sites Internet de ces deux grandes plateformes n'étaient plus accessibles au Brésil, suite à une répression menée par le régulateur des télécommunications du pays, Anatel, à la demande du ministre des Finances Dario Durigan.
Cette évolution fait suite à une décision récente du Conseil monétaire national, qui a imposé des limites strictes à la portée des produits dérivés autorisés, les limitant à des indicateurs économiquement pertinents tels que les taux d’inflation, les taux d’intérêt et les taux de change. À l’inverse, le nouveau cadre exclut explicitement les contrats liés au sport, à l’esport, aux événements politiques, aux élections, aux événements culturels et aux phénomènes sociaux, les rendant ainsi inéligibles à l’inclusion dans le paysage des dérivés autorisés.
Selon une analyse détaillée publiée par le ministère brésilien des Finances, les marchés de prédiction fonctionnent en facilitant la négociation de contrats d'événements binaires, dans lesquels les utilisateurs adoptent une position oui ou non sur les résultats potentiels d'événements futurs. L'évaluation du ministère souligne que des plateformes comme Kalshi et Polymarket, qui sont mondialement reconnues, présentent des similitudes structurelles avec les opérations de paris à cotes fixes, bien qu'elles soient commercialisées comme des instruments financiers.
Régis Dudena, secrétaire aux réformes économiques, a souligné que même si les marchés de prédiction sont souvent présentés comme des produits financiers légitimes, ils présentent en pratique une ressemblance frappante avec les paris traditionnels. Par ailleurs, Miriam Belchior, chef de cabinet du président, a souligné la détermination du gouvernement à empêcher la prolifération d'un marché des paris non réglementé, qui pourrait potentiellement porter atteinte au cadre réglementaire existant du pays.
La position décisive du Brésil sur cette question revêt une importance accrue dans le contexte du débat mondial en cours autour de la classification et de la réglementation des marchés de prédiction. Notamment, le secteur réglementé des paris en ligne du pays, qui a été lancé en janvier 2025, est actuellement limité aux paris à cotes fixes liés à des événements sportifs du monde réel et à des jeux en ligne, laissant une zone grise importante quant à la légalité des paris sur des événements politiques, culturels et autres.