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Un sénateur américain demande si Binance a menti au Congrès à propos de l'Iran

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cryptonewstrend.com
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Un sénateur américain demande si Binance a menti au Congrès à propos de l'Iran

Binance a déclaré au Sénat que son volume de transactions avec quatre grandes bourses iraniennes n'avait pas dépassé 110 000 dollars l'année dernière. Des rapports de Fortune et du New York Times ont retracé 1,7 milliard de dollars de flux depuis des comptes liés à Binance vers des entités liées à l'Iran.

Le sénateur Richard Blumenthal craint désormais que l'échange n'ait induit le Congrès en erreur à ce sujet.

Dans une lettre de suivi adressée au co-directeur général (PDG) de Binance, Richard Teng, Blumenthal a exprimé sa préoccupation quant au fait que l'échange aurait pu fournir « de fausses déclarations ou des informations trompeuses au sous-comité et au public ».

Les sénateurs américains qualifient Binance de « récidiviste » pour des transferts de 2 milliards de dollars en Iran

Le sénateur, le démocrate de premier plan de la sous-commission permanente du Sénat sur les enquêtes, exige que Binance produise des documents justifiant sa réponse antérieure du 6 mars et sa réclamation de 110 000 $.

Cette escalade fait suite à des semaines de reportages de Leo Schwartz et Ben Weiss de Fortune, ainsi que du New York Times. Leurs enquêtes ont retracé des centaines de millions de dollars en attaches (USDT) depuis des comptes Binance jusqu'à des portefeuilles liés au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran et aux Houthis du Yémen.

Par ailleurs, la lettre originale de Blumenthal du 24 février portait également sur les paiements versés aux membres d’équipage de la flotte pétrolière russe qui échappe aux sanctions.

La réclamation de 110 000 $ contre 1,7 milliard de dollars de flux

Binance a rejeté les allégations le 6 mars comme étant « manifestement fausses, non étayées par des preuves crédibles et diffamatoires à plusieurs égards importants ».

La bourse a déclaré que ses transactions directes avec quatre bourses iraniennes étaient tombées à 110 000 dollars au cours de l'année. Binance a souligné son travail proactif contre deux intermédiaires, Hexa Whale et Blessed Trust, pour limiter « l'exposition indirecte aux adresses de portefeuille ayant des liens potentiels avec l'Iran ».

La nouvelle lettre de Blumenthal remet en question ce cadrage d’entreprise.

Il pose des questions sur les rapports de Fortune concernant un compte VIP enregistré auprès d'un résident chinois de 79 ans transférant 439 millions de dollars en USDT de Binance vers un portefeuille extérieur. Ce portefeuille a transféré la plupart de ces fonds à l’Entité A, un cluster intermédiaire que Fortune a identifié comme étant lié à l’Iran. L’entité A aurait par exemple un lien financier avec Nobitex, le plus grand échange cryptographique d’Iran, ainsi qu’avec les portefeuilles du CGRI et des Houthis.

Richard Blumenthal a envoyé une lettre de suivi à Binance citant les rapports de @leomschwartz, moi et le New York Times : pic.twitter.com/05o1w3F6rn

– Ben Weiss (@bdanweiss) 1er avril 2026

Une deuxième personnalité chinoise, une femme apparemment âgée de 38 ans, aurait transféré près de 200 millions de dollars via le même pipeline. Les journalistes ont également signalé la possibilité que les deux comptes aient pu être accessibles à partir du même appareil.

Pire encore, la lettre de Blumenthal note que le New York Times a rapporté que Binance avait étiqueté certains de ces comptes avec des instructions manuelles : "Ne bloquez pas. Comptes internes".

Un ressortissant iranien qui a envoyé des frais de cryptographie directement à l'entité A est apparu dans un rapport du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la contrebande vers l'Iran et la Corée du Nord.

Le sénateur donne à Binance deux semaines pour répondre

La lettre de Blumenthal présente une chronologie des allégations. Binance, dit le sénateur, a mis deux mois pour répondre aux forces de l'ordre sur Hexa Whale, puis a mis encore deux mois pour supprimer l'entité. Blessed Trust, pire encore, aurait duré au moins cinq mois en tant que vendeur de Binance malgré les avertissements concernant son prétendu financement terroriste.

Le sénateur exige désormais des dates précises. Quand ces entités ont-elles ouvert des comptes Binance, commencé des transferts, reçu des signalements du personnel de Binance et ont-elles fait l'objet de rapports d'activités suspectes aux forces de l'ordre américaines ? Le sénateur demande également si Binance a « supprimé, affaibli ou assoupli toute politique de conformité » depuis janvier 2025.

La lettre marque la troisième escalade majeure concernant Binance cette année. L’enquête de Blumenthal du 24 février a qualifié Binance de « récidiviste ». Auparavant, 11 sénateurs démocrates avaient exhorté le Trésor et le DOJ à enquêter. Le Wall Street Journal a rapporté que le DOJ avait ouvert une enquête sur l’utilisation de Binance par l’Iran pour échapper aux sanctions.

Binance, quant à elle, a poursuivi le Wall Street Journal pour diffamation.

Le contexte politique rend les problèmes de conformité évidents.

Le président Trump a gracié le fondateur de Binance, Changpeng Zhao (CZ), en octobre 2025, après avoir plaidé coupable pour violations de la loi sur le secret bancaire. La SEC a également volontairement rejeté son procès contre Binance en 2025.

Binance est alors devenu ce que Blumenthal a appelé un « moteur vital » pour World Liberty Financial, l’entreprise de cryptographie de la famille Trump. La lettre de Blumenthal de février indiquait que la grande majorité du stablecoin de 1 $ USD de WLFI se trouvait dans les comptes Binance.

Le MGX d'Abu Dhabi a réglé un investissement Binance de 2 milliards de dollars via ce stablecoin de 1 USD.

Le prix du BNB, le jeton émis par Binance, est en baisse de 31 % depuis le début de l'année. Les actions Binance ne sont pas cotées en bourse.

Blumenthal a donné au PDG de Binance, Teng, jusqu'au 14 avril pour répondre.