La valeur du lingot chute dans un contexte d’augmentation des remboursements de la dette publique et d’incertitude géopolitique persistante au Moyen-Orient

Les prix du lingot ont reculé mardi alors que les investisseurs traitaient des développements contradictoires entourant l'impasse entre les États-Unis et l'Iran. L'or au comptant a diminué de 0,6 % à environ 4 540 $ l'once au début des heures de marché. Les contrats à terme ont également baissé de 0,3 % pour s'établir à 4 543,62 $ l'once. Ce repli fait suite à une modeste reprise lundi, lorsque des traders en quête de valeur sont entrés sur le marché après que le métal ait touché son plus bas niveau en deux mois et demi. Le président Trump a révélé lundi qu’il avait donné son feu vert à des opérations militaires supplémentaires visant l’Iran, mais qu’il avait choisi de les reporter. De hauts responsables du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ont demandé un délai supplémentaire pour explorer les voies diplomatiques. Les acteurs du marché ont réagi avec une prudence mesurée. Bien que les prix du pétrole aient reculé suite aux déclarations de Trump, les doutes persistants quant à un accord de paix durable ont entretenu l’anxiété des investisseurs. Les rendements du Trésor se sont rapprochés de leurs plus hauts niveaux depuis des années mardi. Les rendements élevés diminuent l’attrait de l’or puisque le métal ne génère aucune source de revenus. Le billet vert a progressé de 0,2%, augmentant le prix du lingot pour les acheteurs internationaux. Ces facteurs combinés ont intensifié la pression à la vente sur le métal précieux. Les marchés internationaux de titres à revenu fixe avaient connu une liquidation soutenue au cours des séances précédentes. Les rendements américains à 10 ans ont diminué de 0,6 % lundi soir après les annonces de Trump, apportant un soulagement temporaire aux marchés. Les rendements des obligations d’État japonaises à 10 ans ont également légèrement reculé par rapport à leurs sommets de 29 ans. La liquidation plus large du marché obligataire découle des inquiétudes inflationnistes liées à la situation en Iran. La confrontation militaire a perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz, une artère essentielle pour le transport mondial du pétrole. Les prix du brut restent élevés malgré la légère baisse de mardi, entretenant les pressions inflationnistes. Le lingot a perdu près de 14 % de sa valeur depuis le début des hostilités en Iran. La matière première a récemment oscillé dans une bande de négociation limitée alors que les marchés évaluent les risques d'inflation par rapport à un éventuel assouplissement de la politique monétaire. Vasu Menon, directeur général d'Oversea-Chinese Banking Corp, a indiqué que les développements au Moyen-Orient, les marchés pétroliers et les rendements obligataires pourraient persister comme des vents contraires pour l'or à court terme. Néanmoins, il maintient que le métal constitue une protection précieuse contre l’instabilité mondiale. Goldman Sachs a réaffirmé sa projection de 5 400 dollars l'once d'or d'ici la fin de l'année. La banque d'investissement a mis l'accent sur l'accumulation robuste attendue par la banque centrale comme soutien fondamental à ses perspectives optimistes. L'argent a connu des pertes plus importantes mardi, chutant de 2,2 % à 76,05 $ l'once. Le platine et le palladium ont également enregistré des baisses. Trump a constamment oscillé entre la menace d’une intervention militaire contre l’Iran et le retrait, générant des turbulences sur les marchés financiers. Les observateurs du marché continuent de surveiller les indications définitives concernant le succès diplomatique ou la reprise de la confrontation militaire.