La CFTC approuve une ordonnance de comparabilité des capitaux pour les négociants de swaps non bancaires dans l'UE

La Commodity Futures Trading Commission vient de rendre la vie un peu plus facile à une partie spécifique du monde des produits dérivés. Le 12 mai, l'agence a publié une détermination de comparabilité du capital qui permet à certains négociants de swaps non bancaires français de satisfaire aux exigences américaines en matière de capital et d'information financière en se conformant à la loi française.
En anglais : si vous êtes un swap dealer basé en France et inscrit à la CFTC, vous n'avez plus à jongler avec deux règles de capital distinctes. Un ensemble de règles, correctement appliquées, couvre désormais les deux côtés de l’Atlantique.
Ce que fait réellement la commande
La détermination accorde ce que les régulateurs appellent une « conformité substituée conditionnelle ». Plus précisément, l'ordonnance s'applique aux négociants de swaps non bancaires enregistrés auprès de la CFTC, organisés et domiciliés en France. Ces sociétés opèrent déjà dans le cadre du règlement sur les entreprises d’investissement (IFR) et de la directive sur les entreprises d’investissement (IFD) de l’Union européenne, qui régissent le montant de capital que les sociétés financières non bancaires doivent détenir et la manière dont elles déclarent leur situation financière.
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La CFTC a examiné ces règles de l’UE et a déterminé qu’elles étaient suffisamment comparables à ses propres exigences en matière de capital et d’information financière. Ainsi, plutôt que d’obliger les entreprises françaises à se conformer simultanément aux deux cadres, l’agence leur permet de s’appuyer sur les normes européennes qu’elles suivent déjà.
Il y a cependant des conditions. Les entreprises doivent d’abord informer la CFTC et recevoir une confirmation explicite du personnel de l’agence avant de pouvoir s’appuyer sur le cadre de conformité substitué. Et pour toute nouvelle obligation créée par l’ordonnance, les entreprises disposent de 180 jours supplémentaires pour se mettre en conformité.
Pourquoi cela est important au-delà des mauvaises herbes réglementaires
Le problème auquel ces entreprises sont confrontées est la fragmentation de la réglementation. Après la crise financière de 2008, les États-Unis et l’Union européenne ont remanié leurs règles sur les produits dérivés. Les États-Unis ont opté pour le Dodd-Frank. L’Europe a développé ses propres cadres, notamment le règlement européen sur les infrastructures de marché (EMIR) et, pour les entreprises d’investissement non bancaires en particulier, l’IFR et l’IFD.
Les déterminations de comparabilité constituent la solution réglementaire à cet égard. La CFTC a émis des ordonnances similaires dans le passé pour des entités d'autres juridictions, reconnaissant que tous les pays n'ont pas besoin d'avoir des règles identiques, mais simplement équivalentes. Il convient de noter que cette décision spécifique à la France est plus étroite que les décisions précédentes qui englobaient une plus grande partie de l’UE, signalant un calibrage des approches réglementaires en réponse à l’évolution des réglementations en matière de fonds propres.
Cette ordonnance particulière est remarquable car elle cible spécifiquement le cadre IFR/IFD, qui est le régime dédié de l’UE aux entreprises d’investissement non bancaires. En le reconnaissant, la CFTC signale que l’approche européenne en matière de réglementation de ces acteurs non bancaires répond à ses normes.
Ce que cela signifie pour les acteurs du marché
Le caractère conditionnel de l’ordonnance mérite d’être surveillé de près. L'exigence selon laquelle les entreprises doivent informer la CFTC et obtenir la confirmation du personnel avant de recourir à une conformité de substitution signifie que l'agence garde le contrôle du processus. Si la situation d’une entreprise change, ou si l’UE modifie son cadre IFR/IFD d’une manière qui ne plaît pas à la CFTC, cette confirmation pourrait théoriquement être réexaminée.
Le délai de conformité de 180 jours pour les nouvelles obligations suggère également que l’ordonnance comporte des exigences supplémentaires qui vont au-delà de la simple approbation automatique de la loi française. Les entreprises devront soigneusement déterminer quelles obligations américaines sont couvertes par une conformité de substitution et lesquelles nécessitent toujours une conformité directe avec la CFTC.