Une bataille judiciaire se profile alors que les plaignants visent des actifs Stablecoin saisis d'une valeur de centaines de millions

Les créanciers américains en matière de terrorisme ont déposé jeudi une requête devant le tribunal fédéral de Manhattan, réclamant un chiffre d'affaires de plus de 344 millions de dollars en USDT. Les fonds gelés sont détenus dans des adresses de portefeuille bloquées par l’OFAC et liées au Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien. Les plaignants souhaitent que Tether remette à zéro ces soldes et leur réémet des jetons équivalents. L’affaire pourrait créer un précédent notable pour l’application des actifs cryptographiques dans les jugements liés au terrorisme. La requête a été déposée auprès du tribunal de district américain du district sud de New York. Il cible 344 149 759 USDT détenus sur deux adresses de portefeuille liées au CGRI. Tether a gelé ces portefeuilles le 24 avril, le jour même où l'OFAC les a ajoutés à sa liste de ressortissants spécialement désignés. Le moment du gel correspond directement aux mesures d’application des sanctions fédérales. Les plaignants soutiennent que Tether possède à la fois la capacité technologique et l’obligation légale d’agir. Le dossier indique : « Tether est tenu de restituer tous les biens d'un débiteur judiciaire qu'il est capable de restituer. » Il note en outre que "Tether est certes et évidemment capable de restituer l'USDT, car c'est exactement ce qu'il a fait en réponse à de nombreuses ordonnances de saisie américaines". Ces actions antérieures servent désormais de preuve directe contre l’entreprise. En novembre 2025, le FBI a délivré à Tether un mandat de saisie dans une affaire du District de Columbia. Tether a ensuite transféré un montant équivalent en USDT au gouvernement des États-Unis. Un autre cas dans l'Ohio datant d'avril 2025 a vu Tether brûler des jetons et réémettre 4 340 000 USDT vers un portefeuille des forces de l'ordre. Ces précédents constituent l’épine dorsale de l’argumentation juridique des plaignants. Le tribunal est également invité à établir sa compétence personnelle sur Tether. Les plaignants affirment que les réserves de Tether sont en grande partie conservées et gérées à New York par l'intermédiaire de Cantor Fitzgerald. Par conséquent, les tribunaux américains conservent leur autorité sur l’entreprise malgré son enregistrement au Salvador. Le dossier précise également que l’action cible les intérêts immobiliers iraniens, et non les propres actifs de l’entreprise Tether. Les plaignants cherchent à faire exécuter les jugements rendus dans plusieurs affaires de terrorisme aux États-Unis au cours des deux dernières décennies. Ces jugements totalisent environ 552,3 millions de dollars en dommages-intérêts compensatoires et 1,86 milliards de dollars en dommages-intérêts punitifs. Ensemble, ils totalisent environ 2,42 milliards de dollars en indemnités judiciaires impayées. Les 344 millions de dollars USDT représentent une partie de cet effort total de mise en application. Le dossier trace une ligne juridique claire entre le rôle de Tether et les intérêts fonciers de l’Iran. "L'action vise la rotation d'intérêts immobiliers iraniens spécifiques sous la garde de Tether plutôt que les propres actifs de l'entreprise", indique le document. Cette distinction est importante sur le plan juridique, car elle réduit considérablement la portée de la demande de chiffre d'affaires. Tether, en tant qu'intermédiaire détenant des fonds gelés, ne peut pas revendiquer la propriété comme moyen de défense. L'affaire attend désormais une décision du juge fédéral de Manhattan. Si elle est accordée, l'ordonnance obligerait Tether à graver les jetons liés au CGRI et à les réémettre dans un portefeuille désigné par le plaignant. Les experts juridiques en cryptographie surveilleront le résultat de près. La décision pourrait façonner la façon dont les tribunaux américains aborderont les actifs numériques gelés dans les affaires de lutte contre le terrorisme à l’avenir.