L’or chute de plus de 1 % alors que l’impasse diplomatique et les signaux des banques centrales pèsent sur les marchés

Les valorisations des métaux précieux ont chuté de manière significative mardi suite à l'échec des initiatives diplomatiques visant à résoudre l'impasse militaire entre Washington et Téhéran, tandis que les autorités monétaires mondiales ont exprimé des inquiétudes accrues concernant les pressions inflationnistes. L'or au comptant a diminué d'environ 1,2 % pour atteindre 4 624,99 $ l'once pendant les heures de négociation en Asie. De même, les contrats à terme sur le métal précieux ont reculé d'environ 1 % pour s'établir à 4 646,90 $ l'once. L'argent a connu une baisse encore plus prononcée, chutant de 3,3 % pour s'échanger autour de 73 dollars l'once. Le platine et le palladium ont également enregistré des pertes. Le détroit d’Ormuz, d’une importance stratégique et qui constitue un canal essentiel pour le transport mondial de l’énergie, continue de fonctionner à capacité pratiquement nulle. Le trafic maritime empruntant ce passage essentiel a chuté à des niveaux négligeables depuis le début des hostilités, il y a environ deux mois. Téhéran a présenté cette semaine une nouvelle initiative diplomatique. Les responsables iraniens ont proposé de lever les restrictions sur les voies de navigation d’Ormuz en échange de la fin du blocus naval des installations maritimes iraniennes par les États-Unis. L’administration devrait fournir sa réponse d’ici quelques jours. RUPTURE : 🇺🇸🇮🇷 La situation en Iran a changé du jour au lendemain. Trump a annulé les pourparlers de paix samedi. Aujourd'hui, il examine une proposition visant à rouvrir Ormuz et à mettre fin aux hostilités. La Chine a demandé à ses citoyens d'évacuer l'Iran avant ce week-end. Le Pentagone prévoyait 5 mois de guerre. Maintenant un… pic.twitter.com/stt0tT0pfu — Merlijn The Trader (@MerlijnTrader) 27 avril 2026 Néanmoins, de nouveaux rapports suggèrent que l'administration actuelle et ses conseillers en sécurité nourrissent des doutes importants. Un point de discorde majeur porte sur la demande de l’Iran de reporter les discussions concernant ses activités nucléaires, ce que Washington ne semble pas disposé à accepter. Les échanges diplomatiques du week-end entre les pays se sont effondrés après que les deux gouvernements ont refusé de se réunir au Pakistan. La trajectoire des négociations ultérieures reste incertaine. La banque centrale japonaise a laissé son taux directeur inchangé à 0,75% mardi, bien qu'elle ait adopté une politique plus agressive. La BOJ a révisé à la hausse ses projections d’inflation pour l’exercice 2026 et a indiqué que de nouvelles hausses de taux semblent probables si les pressions sur les prix persistent. Les responsables monétaires ont identifié la hausse des coûts du pétrole et de l’énergie comme le principal catalyseur de l’accélération de l’inflation. Ces remarques ont intensifié la pression à la baisse sur l’or, car le métal précieux devient généralement moins attractif lorsque les coûts d’emprunt sont attendus en hausse. La Réserve fédérale conclut mercredi ses deux jours de délibérations politiques. Les marchés financiers s’attendent à ce que la banque centrale maintienne les taux actuels, même si certains craignent qu’elle adopte un ton plus restrictif compte tenu des récents indicateurs d’inflation. Les statistiques d’inflation de mars ont révélé une accélération prononcée de la croissance des prix aux États-Unis. Le billet vert a maintenu sa force, créant des vents contraires supplémentaires pour l’or. La réunion de politique monétaire de mercredi devrait être la dernière dirigée par Jerome Powell. Son mandat se termine officiellement le 15 mai. L'ancien gouverneur de la politique monétaire, Kevin Warsh, devrait assumer le rôle de leader. Warsh a comparu devant les commissions du Congrès la semaine dernière dans le cadre de sa procédure de confirmation. Les acteurs du marché surveillent de près les décisions politiques de cette semaine aux États-Unis, dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et au Canada. Marc Loeffert, spécialiste du trading chez Heraeus Precious Metals, a noté que la cessation en cours des hostilités avec Ormuz, toujours inaccessible, « prolonge l'incertitude du marché ». Il a suggéré que des prix élevés combinés à la faiblesse économique pourraient soutenir les valorisations de l'or sur une période prolongée, même si les perspectives immédiates restent remises en question par les inquiétudes liées aux taux d'intérêt. Le métal précieux a désormais cédé environ 12 % de sa valeur depuis le début des affrontements militaires entre les États-Unis et l’Iran à la fin du mois de février.