L’or plonge à son plus bas niveau depuis deux mois alors que les tensions au Moyen-Orient ravivent les inquiétudes inflationnistes

Table des matières Les métaux précieux ont subi des pertes importantes jeudi, l'or atteignant son prix le plus bas en deux mois. Ce ralentissement fait suite à la reprise des échanges militaires entre les États-Unis et l’Iran, qui ont fait grimper les prix du pétrole brut et ravivé les inquiétudes du marché concernant une inflation tenace. L'or au comptant a baissé de 1,4 % pour s'établir à 4 392,88 $ l'once. Les contrats à terme sur l'or ont chuté de 1,3% à 4 423,37 dollars l'once. La vente a poussé le métal jaune en dessous du corridor commercial de 4 400 à 4 600 dollars qui contenait les prix depuis la mi-mai. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien a annoncé jeudi avoir pris pour cible une base militaire américaine située au Koweït. Cette frappe représentait une réponse directe aux précédentes opérations militaires américaines contre la ville côtière iranienne de Bandar Abbas. À 22h17 Le 27 mai à 17 h HE, l'Iran a lancé un missile balistique vers le Koweït qui a été intercepté avec succès par les forces koweïtiennes. Cette violation flagrante du cessez-le-feu par le régime iranien s'est produite quelques heures après que les forces iraniennes ont lancé cinq drones d'attaque à sens unique qui posaient une menace claire… — Commandement central américain (@CENTCOM) 28 mai 2026 Les autorités koweïtiennes ont reconnu que les systèmes de défense aérienne du pays étaient engagés dans l'interception des projectiles et des véhicules aériens sans pilote entrants. Les responsables gouvernementaux se sont abstenus d’identifier publiquement l’origine de l’agression. Cet incident représente une nouvelle intensification des hostilités qui durent depuis environ trois mois. Les responsables américains ont toujours qualifié leurs opérations militaires de mesures défensives tout en affirmant simultanément qu’un accord de cessez-le-feu reste en vigueur. Plus tôt jeudi, le président Donald Trump a rejeté les informations des médias suggérant que l'Iran rouvrirait le détroit d'Ormuz, stratégiquement vital, au trafic maritime commercial au cours du mois prochain. Le président a également exprimé son mécontentement à l'égard des propositions existantes visant à parvenir à une résolution pacifique. Les prix du pétrole ont grimpé à la suite des derniers affrontements militaires. Même si le brut reste négocié sous le seuil des 100 dollars, les niveaux actuels représentent des augmentations substantielles par rapport aux valorisations d’avant le conflit. Les prix élevés du pétrole transmettent généralement des pressions inflationnistes à l’ensemble de l’économie dans son ensemble. Si les coûts de l’énergie se maintiennent à des niveaux élevés, les autorités monétaires pourraient être confrontées à des pressions croissantes pour mettre en œuvre des politiques restrictives en matière de taux d’intérêt. Ce scénario présente des défis pour les investisseurs en or. En tant qu’actif non générateur de revenus qui ne rapporte ni intérêts ni dividendes, l’or devient moins attrayant dans des environnements caractérisés par des coûts d’emprunt en hausse ou constamment élevés. "Les marchés de taux affichent toujours des prix élevés de la part des banques centrales", ont déclaré les analystes d'ING dans une note. La corrélation inverse entre les valorisations de l’or et les attentes en matière de taux d’intérêt est bien établie. Lorsque les acteurs du marché s’attendent à des coûts d’emprunt élevés et durables, les actifs sans rendement comme les métaux précieux connaissent généralement une baisse de la demande des investisseurs. Les acteurs du marché attendent avec impatience la publication de l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle aux États-Unis pour avril. Les données, prévues pour jeudi, représentent l’un des indicateurs d’inflation les plus étroitement surveillés par la Réserve fédérale. Les économistes prévoient que la mesure globale du PCE aura accéléré à 3,8 % sur une base annuelle en avril, marquant une augmentation par rapport aux 3,5 % de mars. D'un mois à l'autre, les prévisionnistes prévoient une légère décélération à 0,5 % par rapport aux 0,7 % précédents. Le chiffre de base du PCE, qui exclut les composants volatils alimentaires et énergétiques, devrait enregistrer 3,3 % par an. L’inflation sous-jacente mensuelle devrait rester inchangée à 0,3 %. Les décideurs de la Réserve fédérale ont montré des divisions notables ces dernières semaines concernant la trajectoire appropriée de la politique monétaire, débattant de la question de savoir si des augmentations, un maintien ou des réductions des taux étaient justifiés. Les chiffres du PCE d’avril pourraient influencer considérablement ces délibérations internes. La forte baisse des prix de l’or jeudi souligne la sensibilité accrue du marché à toute indication selon laquelle les pressions inflationnistes s’avèrent plus persistantes que prévu.