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Tokyo fait face à une longue attente pour obtenir des armes clés alors que Washington se concentre désormais sur le conflit du Moyen-Orient.

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Tokyo fait face à une longue attente pour obtenir des armes clés alors que Washington se concentre désormais sur le conflit du Moyen-Orient.

Les États-Unis ont officiellement informé le Japon que la livraison de 400 missiles de croisière Tomahawk serait considérablement retardée. La raison : Washington doit d’abord reconstituer ses propres stocks, après avoir brûlé un nombre impressionnant de missiles lors d’opérations militaires contre l’Iran.

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé la nouvelle directement au ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi lors d'une réunion en mai 2026. Le calendrier initial prévoyait l'arrivée du premier lot en avril 2028. Cette date pourrait désormais être reportée de deux années supplémentaires.

Le Japon a signé un contrat de 2,35 milliards de dollars en 2024 pour ces missiles, spécifiquement afin de construire des capacités de contre-attaque contre la Chine et la Corée du Nord. L’accord du Japon était structuré en deux lots de 200 missiles chacun. Le contrat visait à donner au Japon une capacité de frappe à longue portée qu’il ne possède plus depuis 1945.

Ce que l'opération Epic Fury a consommé

L’armée américaine aurait dépensé plus de 850 missiles Tomahawk au début de son conflit avec l’Iran, une opération baptisée « Opération Epic Fury ». Pour mettre cela en perspective, la totalité de la commande japonaise de 400 missiles représente moins de la moitié de ce que les États-Unis ont tiré lors de la seule phase d’ouverture.

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Raytheon, qui fait désormais partie de RTX Corporation, fabrique le Tomahawk. Les lignes de production ne peuvent aller que très vite, et lorsque votre plus gros client vient de vider les étagères et se retourne immédiatement avec une nouvelle commande prioritaire, tout le monde attend.

Pourquoi le Japon voulait ces missiles en premier lieu

La décision du Japon d’acquérir les Tomahawks ne s’est pas produite dans le vide. Pendant des décennies, la constitution et la culture politique du Japon ont maintenu une armée strictement défensive. Aucune projection de puissance. Aucune capacité de frappe offensive. Le pays s’est appuyé presque entièrement sur le dispositif de sécurité américain.

Cela a commencé à changer à mesure que le renforcement militaire de la Chine s’est accéléré et que les essais de missiles de la Corée du Nord sont devenus des provocations de routine. Les dirigeants japonais ont conclu que la capacité de riposter, de frapper des sites de lancement ou des zones de rassemblement sur le sol ennemi, n’était plus facultative.

L’achat de Tomahawk, pour 2,35 milliards de dollars, était la pièce maîtresse de ce pivot stratégique. L’exploitation des Tomahawks nécessite un partage de renseignements et une coordination du ciblage qui rapprochent les deux armées.

Ce que cela signifie pour la préparation militaire alliée

Le conflit iranien n’a pas seulement brûlé les Tomahawks. Si 850 missiles peuvent disparaître des stocks lors de la phase d’ouverture d’un seul conflit régional, les implications pour les stocks alliés lors d’urgences simultanées dans le détroit de Taiwan ou dans la péninsule coréenne sont significatives.

Pour le Japon en particulier, ce retard crée une fenêtre de vulnérabilité. La capacité de contre-attaque qui était censée être opérationnelle à la fin des années 2020 pourrait ne pas se concrétiser avant 2030, voire au-delà.

Tokyo étudiait déjà les missiles à impasse produits localement avant l’accord Tomahawk. Un retard de deux ans, ou plus si le conflit iranien se prolonge, pourrait accélérer cette évolution et en faire une priorité nationale urgente.

Tokyo fait face à une longue attente pour obtenir des armes clés alors que Washington se concentre désormais sur le conflit du Moyen-Orient.