Les prix du brut chutent alors que Téhéran confirme sa délégation aux pourparlers de paix au Pakistan

Dans un revirement surprenant, les prix du pétrole brut ont chuté mardi lorsque la nouvelle a éclaté selon laquelle l'Iran envisageait d'envoyer une équipe diplomatique à Islamabad, au Pakistan, pour des pourparlers de paix avec les États-Unis, qui devraient être dirigés par le vice-président américain JD Vance. Cette évolution intervient malgré la réticence publiquement déclarée de l'Iran à reprendre les efforts diplomatiques, Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du parlement du pays, soulignant que les négociations n'auraient pas lieu « à l'ombre des menaces » de Washington. Néanmoins, des sources proches du dossier, comme le rapporte le Wall Street Journal, indiquent que Téhéran a informé en privé des intermédiaires régionaux de son intention d'envoyer d'ici quelques jours une délégation au Pakistan.
En conséquence, les prix du brut Brent ont chuté de 1,1 % à 94,44 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate a baissé de 0,9 % à 86,68 dollars le baril au cours des séances de négociation asiatiques, annulant en partie le solide gain de 5,6 % observé lundi. La composition de l'équipe diplomatique iranienne et ses dirigeants restent inconnus, alimentant l'incertitude et la volatilité persistantes sur le marché. Le vice-président Vance est en route pour reprendre les discussions, qui devraient commencer tard mardi ou tôt mercredi matin.
Par ailleurs, le président américain Trump a exprimé son scepticisme quant à la prolongation du cessez-le-feu actuel au-delà de son expiration mercredi soir, déclarant que cela semble « hautement improbable ». Trump a également confirmé que les opérations navales américaines visant l’Iran se poursuivraient jusqu’à ce qu’un accord de paix global soit conclu. La situation dans le détroit d’Ormuz, une voie navigable stratégiquement vitale qui assure environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole brut, reste tendue. L'Iran avait temporairement levé les restrictions au cours du week-end, mais les a depuis réimposées, rendant le détroit pratiquement impraticable depuis le début des hostilités fin février.
Seuls trois navires ont tenté de traverser le détroit tôt mardi, soulignant la gravité de la situation. En réponse, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont lancé un itinéraire d’urgence pour contourner Ormuz, les opérations étant transférées vers le terminal de Yanbu, le long de la mer Rouge, et vers le terminal de Fujairah, dans le golfe d’Oman. La capacité de chargement globale de ces installations alternatives est passée à 6,5 millions de barils par jour, contre 5,0 millions avant le déclenchement du conflit.
Dans ce contexte, les analystes d'ANZ observent que l'incertitude persistante entourant le réengagement diplomatique de l'Iran continue d'éclipser tout accord de paix potentiel. Citigroup prévoit que les prix du pétrole pourraient grimper jusqu'à 110 dollars le baril si les perturbations dans le détroit d'Ormuz persistent pendant encore 30 jours. Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, prévient que le marché mondial de l'énergie pourrait connaître une volatilité soutenue pendant jusqu'à deux ans en raison du conflit en cours. Comme le note Dilin Wu, stratège de recherche chez Pepperstone, les marchés resteront « extrêmement sensibles à toute mise à jour des gros titres dans les prochaines 24 heures ».
Dans le même ordre d'idées, le président chinois Xi Jinping a appelé lundi à la cessation immédiate des hostilités et à la reprise des opérations normales dans le détroit d'Ormuz lors d'une conversation téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Mardi matin, aucune confirmation officielle d'un deuxième cycle de négociations entre les représentants américains et iraniens n'avait été annoncée, la date limite de fin du cessez-le-feu restant fixée à mercredi soir.